L’ENSEIGNEMENT DE L’EPS À L’ÉCOLE : BIEN PLUS QUE DU SPORT !

vendredi 14 août 2015
par  Jérémy JACQUES
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Article issu de "liaisons" de la CASDEN n°100

Quel élève peu sportif dans l’âme, n’a pas un jour eu envie de se faire porter pâle en Éducation physique et sportive (EPS) ? À écouter les professionnels de la discipline, pourtant, les temps ont bien changé. Plus besoin de montrer ses muscles pour apprécier leurs cours. « À l’école, au collège, au lycée, l’objectif reste le même : garantir une pratique scolaire, réfléchie et adaptée, d’activités physiques », explique Bruno Demas, enseignant agrégé d’EPS au lycée Emmanuel-Mounier d’Angers. « Au-delà de toute considération sur les aptitudes physiques, il s’agit d’amener les élèves à prendre du plaisir et à trouver un bien-être mental, physique et social », souligne Sylvain Rivière, professeur et formateur agrégé d’EPS à Rennes (lire entretien ci-contre), coauteur de L’EPS à l’école (2010, éditions Retz). Selon Bruno Demas, « une grande confusion » règne pourtant encore dans l’esprit de beaucoup de parents : « Notre objectif n’est pas de faire éclore des sportifs de haut niveau, mais de nous servir des activités physiques et sportives pour que nos élèves se confrontent à l’effort, au vivre-ensemble, et deviennent ainsi des citoyens physiquement éduqués. »

AMENER LES LYCÉENS A RÉFLÉCHIR

Guidés par les programmes, les professeurs d’EPS enseignent au collège (4 heures par semaine en 6 e , 3 heures dans les autres classes) et au lycée (2 heures obligatoires par semaine) des techniques sportives, mais aussi des valeurs, comme le respect d’autrui. « Qu’il s’agisse du football, de la gymnastique, du badminton ou de l’athlétisme, ce ne sont que des activités supports qui vont au-delà du sport, insiste Bruno Demas, Au lycée particulièrement, nous engageons les élèves dans des problématiques méthodologiques. En demi-fond par exemple, les élèves apprennent à s’échauffer, à s’entraîner sans se blesser, à choisir et moduler l’intensité de leur effort grâce à une analyse des ressentis. » « Notre mission, ajoute-t-il, est aussi de préparer les élèves à la certification, dans le cadre du Diplôme national du brevet et du baccalauréat. » Et, là aussi, la manière dont la performance est réalisée importe presque autant dans la notation que la performance elle-même. « Ainsi, dans la course en durée, un élève qui court à 20 km/h n’est pas mieux noté que celui qui court à 12 km/h. Cela étonne souvent les élèves ! » note Bruno Demas. Preuve qu’en EPS, l’effort est pris en compte dans l’évaluation. Plus que dans les autres disciplines ?

À QUOI SERT L’ÉDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE (EPS) À L’ÉCOLE ?

L’objectif principal, c’est amener les élèves à prendre du plaisir en pratiquant une activité physique. Toutes les familles d’activités sont abordées afin que chacun trouve celle qui lui convient le mieux. Ainsi seront proposées les activités comme la natation ou l’athlétisme, des activités d’expression, des sports individuels, collectifs, d’intériorisation (yoga) ou même des activités de pleine nature. L’idée maîtresse est que chaque élève peut trouver une modalité de pratique de l’activité physique adaptée à sa vie actuelle et future.

EN QUOI L’ENSEIGNEMENT DE L’EPS A-T-IL ÉVOLUÉ CES DERNIÈRES ANNÉES ?

Plusieurs étapes clés jalonnent l’histoire de l’EPS. Au début du XX e siècle, l’enseignement du sport était sous l’influence des militaires : il fallait s’endurcir, en gros être fort pour être utile à la nation. Puis, il y a eu le courant hygiéniste impulsé par les médecins : pratiquer un sport pour se préserver des maladies. Dans les années 1960, l’accent a été mis sur l’enseignement du sport et de la performance. Puis il y a eu une volonté de rendre le sport éducatif, avec la nécessité de distinguer le sport à l’école de celui pratiqué en club. En 1981, sous la présidence de François Mitterrand, les enseignants d’EPS ne dépendent plus du ministère de la Jeunesse et des Sports et intègrent l’Éducation Nationale. Cette période marque la reconnaissance de l’EPS comme une discipline qui, comme les autres, doit participer à la lutte contre l’échec scolaire. On transmet aux élèves un savoir « technique » mais pas seulement. On leur apprend aussi à apprendre, à travers l’activité physique. Ces dernières années, on mêle un peu toutes ces approches, pour préparer l’élève à sa vie physique future.

EST-CE QUE LE REGARD SUR LA DISCIPLINE A CHANGÉ ?

L’EPS est désormais reconnue comme une discipline à part entière, coefficient 2 au baccalauréat. Et l’on fait de plus en plus confiance aux enseignants d’EPS, qui sont souvent de bons pédagogues. Les enseignants d’EPS sont les seuls à suivre une formation spécifique de pédagogie, ce dès la première année en licence STAPS. Cette spécificité leur confère une réelle légitimité pour accompagner le parcours éducation des enfants et des adolescents.


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